17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 09:04

 

 Pervers narcissiques : il n'y a pas que la violence physique...

 

Une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de conjoint (ou ex-conjoint).

Coup de poing, gifle, viol conjugal... s'il est plus "facile" de dénoncer les violences physiques, il est bien plus compliqué de prouver les actes de violences psychologiques : humiliations, intimidations, chantages, menaces, harcèlement... Dans un routine qui s'installe, la conjointe (ou conjoint) devient alors un souffre-douleur moral et affectif, dont les cicatrices sont à première vue indécelables.

La violence psychologique sévirait au sein d'un couple sur huit, un mal qui ne date pourtant pas d'aujourd'hui et qui conduit parfois à la dépendance affective, souvent à la dépression, pire, au suicide, mais sur lequel pendant trop longtemps les victimes chosifiées n'ont pas su mettre des mots.


Les pervers narcissiques

Cette semaine, Le Nouvel Observateur consacre un dossier sur les pervers narcissiques : 

- Pervers narcissiques : enquêtes sur ces manipulateurs de l'amour

- Pervers narcissiques : "Tu te retrouves K.O sans comprendre"

- Pervers narcissique : 20 pistes pour les reconnaître

- Pervers narcissiques : "La meilleur protection, c'est la fuite"


Manipulateurs, les pervers narcissiques absorbent toute votre confiance en vous, vous tuent de l'intérieur. Ils séduisent dans un premier temps leur "proie", puis contrôlent dans une relation perverse de dominant à dominé, de "j'ai toujours raison et tu as toujours tort", de "je suis bien et tu es nulle", de "je suis mal donc tu dois avoir mal"...

 Pervers narcissiques :

Credit image : Le Nouvel Observateur


La violence psycholgique

Les disputes et engueulades, tous les couples y passent. On ne se privera sans doute pas de traiter son conjoint de tous les noms d'oiseaux dans un "consentement mutuel" lors d'une dispute,  pour mieux se réconcilier par la suite, ou pas. De même, il nous arrive souvent de bouder les choix de l'autre, de ne pas être d'accord avec le choix d'une robe courte ou d'une affreuse cravate, de jalouser la collègue de votre mari, ou le meilleur pote de votre femme. Qui n'a jamais dans de gros moment de doutes, chercher dans le téléphone portable de son conjoint ? Ou casser une assiette sous la colère ? 

Là est toute la complexité de la violence psychologique, d'où la difficulté de mettre en application la loi. Le pervers narcissique emprunte une conduite à priori banale dans les aléas de la vie de couple, mais décuplée, pervertie, calculée, diabolique, dans le seul but de tout contrôler et de s'approprier la vie son partenaire, pouvant même aller jusqu'à la victimisation pour le faire culpabiliser. Les véritables victimes peuvent  alors rentrer dans un engrenage, banaliser les actes de leur bourreau, et normaliser dans une généralité : "Tous les couples passent par des moment difficiles"


Mais l'humiliation en public ou pas, les insultes et injures redondantes, l'acharnement et les comportements grossiers qui visent à rabaisser le conjoint,  imposer ses choix vestimentaires, alimentaires, donner des ordres et interdire l'autre de sortir ou de fréquenter ses propres amis et sa famille, menacer de tuer ou de se tuer, tout casser, frapper dans les murs et les portes pour intimider le conjoint, sont des actes tout aussi pénalisables même si moins décelables que la violence physique (voir violencequefaire.ch).

 

"Tes bonne à rien", "Si tu pars je te tue, je tue les enfants, ou je me tue", "Je t"interdis de voir tes amis"... La jalousie maladive et le comportement possessif, agressif et humiliant qui vise à garder tout contrôle sur le partenaire et à broyer l'intégrité, ne doit pas être confondu avec une quelconque démonstration d'amour. 

 

Bebarock


 

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Published by Be BaRock - dans Exclusively feminine
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commentaires

Aizen 20/03/2012 07:04

J'en ai connu, et il y a pas si longtemps d'ailleurs. Un de mes ex était comme ça. Séducteur au départ et destructeur ensuite. A faire du mal comme personne, à humilier, à faire comprendre que tu
es nulle ou une moins que rien. Sauf que, quand tu comprends le principe, quand surtout tu tiens son point faible, tu peux détruire ce schéma. J'ai eu très mal, j'en ai bien bavé aussi à l'époque,
mais je crois bien ne m'être jamais laissée faire en vrai : la lutte doit se faire en soi meme, car on finit par perdre confiance en soi, à se décourager, ou meme parfois, gravissime, à avoir le
syndrôme de stockholm. Et plus tu te débats, et plus on veut t'écraser.Heureusement avoir des amis ou proches qui soutiennent aide énormément. Je pense que dans ces moments là surtout, il ne faut
pas se recroqueviller sur soi meme. J'en ai connu aussi, des employeurs qui harcelaient au boulot...ça aussi ça fait mal, et ça peut rendre malade, mais j'ai été assez méthodique pour garder tous
mes mémo, journals, témoignages, preuves du préjudice au fil du temps, et j'ai eu gain de cause : des dommages et intérêts. Au final, il ne peut y avoir de miracle. La victime a beau souffrir, elle
ne peut se dédouaner de tout : à un moment, elle doit dénoncer et se battre pour sauver sa peau. On ne peut pas toujours attendre de l'aide d'autrui malheureusement, pas à 100%. Et dans les moments
les plus difficiles, il ne faut jamais oublier que nous sommes nous même notre propre sauveur si on sait encore nous réveiller, trouver la force au fond de soi, et agir en se surpassant. Le
jugement viendra ensuite...

Be BaRock 20/03/2012 17:41



Oh que oui ! La force c'est d'abord au fond de soi qu'il faut la trouver, comme l'amour, il faut apprendre à s'aimer soi-même avant de vouloir être aimer par autrui...



Aizen 20/03/2012 06:00

Le nouvel obs a craqué du string ou quoi? Qu'est ce qu'il se passe? Pourquoi subitement ils mettent en place un dossier sur les pervers narcissiques? C'est une épidémie ou bien? Le problèmes,
n'empêche, s'il peut parfois provenir de pervers narcissiques, tous ne sont pas des cas pathologiques non plus, et cela provient aussi parfois du manque de répondant de celui qui se laisse faire,
et qui donc en entrant dans le jeu, encourage l'autre à dépasser les bornes. J'avoues, avec moi un pervers narcissique aura du mal à jouer à ce jeu là longtemps, car on se retrouverait entrain de
se fighter sur un ring! (J'ai peur de rien)Je crois que face à ce genre d'énergumène, il faut surtout se ressaisir et n'avoir pas peur de tout remettre en question: lui, soi, le couple, les
habitudes, les circonstances, tout. On ne peut se permettre de sacrifier son honneur, sa liberté ni sa dignité. Quand on préfère être seul que mal accompagné, le choix à un moment se fait, sans
faille.La vidéo est bien faites sinon. On se rend bien compte de la façon dont le mec joue à souffler le chaud et le froid, à être cyclothymique pour bien destabiliser l'autre. Mais il n'y a qu'un
seul moyen de casser ce schéma : se rebeller d'abord, n'avoir aucune pitié ensuite, jusqu'à le quitter sans ménage. La rupture ne doit jamais durer très longtemps: il vaut mieux qu'elle soit
rapide, nette, efficace. Sans quoi on s'enlise et on risque de prendre cher.

Be BaRock 20/03/2012 06:38



Le Nouvel Obs n'a pas craquer du string, c'est un fléaut, bel et bien réel. Un pervers narcissique peut être un père, une mère, une conjointe ou un conjoint, un collègue ou un patron. Celui qui
harcèle moralement ou plus, bouffe de l'intérieur... Tous ne sont pas pathologiques certes, mais si l'on doit parler de pervers narcissiques alors j'ose croire que l'on ne parle que de pervers
narcissiques. Aussi un pervers narcissique se montre tout aussi séducteur au départ, attentionné et sentimental que sa victime sera déjà bien pris dans ses filets avant de se rendre compte (si
tant est qu'elle s'en rende compte), qu'il s'agit d"un malade qui faute d'exister dans son être, empêche l'autre d'exister à son tour. Et aussi je pense qu'il ne faille pas amenuir la fragilité
psychologique des victimes, lassées dans leur âme. Il est plus facile de se débarrasser de la gangrène que de l'attrapper...



lauraoza 19/03/2012 10:54

Je viens de voir la vidéo (une partie avec mon copain d'ailleurs !), en effet, c'est assez choquant je trouve...Je peux facilement imaginer qu'il y ait beaucoup de couples comme ça. La femme est
vraiment très effacée, mais elle semble aussi avoir peur de son conjoint. Ce genre de situation ne doit pas être évidente du tout !

Be BaRock 20/03/2012 06:28



C'est assez choquant en effet. Surtout vers la fin quand elle essai de reprendre sous le conseil de son amie le contrôle de sa propre vie. Là encore, elle se fait psychologiquement bouffer...



FleurDeMenthe 18/03/2012 20:46

Quand je lis le mot "pervers", ou "violence psychologique", je ne peux m'empêcher de lire, car je suis toujours toujours à la quête de vérifications sur mon expérience. Elle est du passé
maintenant, et le passé pourrait noyer tout çà sous l'eau, l'adoucir, et me faire oublier... Mais je tenais un journal intime, il est là pour me rappeler que çà a bien existé... Merci de mettre en
avant ce côté de la violence, pas facile à montrer et à prouver... Dans le moment présent, on se pense trop coupable de faiblesse, trop nulle, trop idiote, pour se rendre compte de quoi que ce
soit. C'est presqu'aux autres de voir çà chez leurs proches, et de faire sortir l'un de leurs amis de ce cercle infernal et pervers.

Be BaRock 20/03/2012 06:26



Je pense que tout comme toi (d'après ce que je lis dans ton présent commentaire) il faut l'avoir vécu pour se rendre compte de l'intensité des dommages que peuvent creer les pervers
psychologiques... Après d'un regard détaché on aura beau dire : "casse-toi, c'est toi qui l'a voulu, pourquoi tu restes"  , absolument personne ne peut juger sans être dans la peau de la
victime...



Missbavarde 18/03/2012 19:48

et le pire est quand on sait que le conjoint malheureux n'osera jamais dire ou faire quoi que se soit pour partir à cause de sa dépendance vis à vis de l'autre... bah je suis bien toute seule moi
tiens !!

Be BaRock 20/03/2012 06:21



Et c'est là que ta mère-grand a bien raison lol



nana 18/03/2012 13:16

ça fait froid dans le dos.
J'ai vu un film un jour sur ce sujet, tiré d'une histoire vraie. la femme finissait par quitter le mari... on pensait alors qu'elle allait s'en sortir... mais le mari ne l'a pas lachée... et la
femme a fini par se suicider...

Be BaRock 20/03/2012 06:19



C'est bien là le problème ! Une fois dans les griffes de ces malades leur victime ont du mal à s'en débarrasser.



MARIE 17/03/2012 22:06

C'est effrayant de voir à quel point il est difficile pour la plupart des femmes de sortir du cercle infernal dans lequel elles se laissent enfermer encore aujourd'hui...

Be BaRock 20/03/2012 06:17



Oui ! Et il il n'y a pas que les femmes !