11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 16:37

 

Lutte contre la pédophilie

 

Après avoir vu "Crapuleuse" le mois dernier sur France 2, où il s'agissait d'une jeune fille ayant intégré un gang car contrainte de la fermer par une directrice d'établissement, j'ai de nouveau passé ma soirée d'hier devant la chaîne qui diffusait cette fois deux programmes sur le thème de l'Église et la pédophilie. En première partie de soirée le film "Le Silence des Églises", suivi d'un débat animé par Benoît Duquesne : "Église : le poids du silence".


Là, je suis restée figée pendant des heures. Le film était bouleversant. L'acteur principal Robin Renucci y jouait le rôle d'un prêtre pédophile (alias Père Andrey Vincey) qui s'était vu muté par un supérieur avant d'abuser encore et encore d'enfants qu'il cotoyait dans son "métier". Parmi ses victimes, Gabriel, un garçon de 12 ans (joué par Florian Vigilante) que l'on voit tantôt petit et abusé, tantôt adulte, détruit et désabusé. J'ai détesté ce film ou plutôt la réalité qu'il nous met dans la face, j'ai adoré l'idée que des scénaristes et réalisateurs français aient le cran de mettre un putain de coup de pied dans la fourmilière. 

 Le Silence des Églises

"Le Silence des Églises" fait  bien plus que de dénoncer, il met en scène sans rentrer dans de sordides détails pour aborder les multiples facettes de la pédophile au sein de l'Église, telle une immersion dans l'état d'esprit de chaque principal protagoniste : d'un côté la victime, persuadée d'être responsable voire coupable, de l'autre le pédophile bien ancré dans sa monstrueuse perversion, tout deux enracinés dans un silence encouragé par les responsables des Églises. L'issue de l'histoire sera un "soulagement" après des années de souffrance, une fin que mon coeur a apprécié car un peu moins serré... jusqu'à l'arrivée du débat, second programme de la soirée.

 

Je me suis alors demandée pour la énième fois, comment réagirais-je si de telles atrocités devaient arriver à ma fille ? Ou plutôt j'ai anticipé mes réactions avec toute la rage, la haine et le dégoût que peut m'évoquer la pédophilie. Aussi me rapprochera-t-on souvent d'être très maman-poule ou d'être "trop" vigilante... Et alors ? Oui, il m'est arrivé de penser et je sais que beaucoup de parents pensent comme moi même s'il s'agit-là d'un sentiment à vif, que je buterais le premier fils de pute qui s'approcherait de ma fille.

 

Revenons au débat. Sur plateau de Duquesne, l'acteur Robin Renucci, un avocat, un psy, une victime, la mère d'une autre victime, une journaliste de La Croix... et un prêtre. Pendant l'émission j'avoue que la moutarde me montait souvent au nez devant l'aberration évidente que les prêtres pédophiles étaient aussi considérés comme victimes de leurs propres actes, comme enfermés dans un vice, comme prisonniers d'un "péché" qu'ils se font maintes et maintes fois pardonner, comme martyrs d'une maturité sexuelle qu'ils se refusent... mais qu'ils imposent aux enfants. Là, l'Église s'incline à défaut de baisser une fois de plus sa culotte, puisque "Jésus" pardonne les péchés et donne le paradoxal droit de radier tout prêtre désireux d'avoir une femme dans sa vie ou dans son lit, de prohiber la capote et d'interdire que deux personnes consentantes du même sexe soient unies par les liens du mariage...


Soit. Puisque justice ne se fait plus au sein d'une Église bien distincte de l'État depuis belle lurette, le seul et unique refuge c'est la loi... sauf que le statut d'un homme d'Église lui confère aussi celui de revendiquer le secret professionnel, comme le souligne malicieusement la brochure "Lutter contre la pédophilie" destinée aux responsables éducatifs exerçant dans les paroisses ou encore dans les aumôneries.


Le poids du silence des victimes tristement honteuses d'être victimes s'ajoute donc à la loi du silence de l'Église qui elle-même nourrit sa merde face à la soi-disant fermeté et les mesures de Benoît XVI contre la pédophilie, et face à notre Justice qui joue la fine bouche quand à appliquer de conséquentes incarcérations. Résultat ? Les prêtres pédophiles sont déplacés et poursuivent leur "meurtre à l'enfance" ailleurs car après tout, seul Dieu est capable de pardonner et de juger sans attirer le scandale... 

 

Voir le film "Le Silence des Eglises"   

 Voir L'émission "Eglise : le poids du silence"

 

Bebarock

 

 

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Published by Be BaRock - dans Coup de gueule
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commentaires

Gentleman W 11/04/2013 21:10


Je vais passé pour ce que l'on appelle bien vite un réac dans notre monde mou, autant en justice, qu'en jugement et en belles paroles des bien-pensants bobo.


 


Mais aucun pédophile ne devrait être libre, un traitement castrateur à vie, définitif, entre prison et hopital, mais sans aucune possibilité de retour en milieu normal. 


 


Et l'Eglise une fois de plus montre ses limites, ses héritages opaques, ses habitudes, et surtout sa déconnexion du monde réel : prêtre pédophile = prison directement !


 


Dieu me jugera lui aussi, il aura du boulot !

Be BaRock 12/04/2013 16:55



C'est surtout que Dieu aura des comptes à rendre s'il existe !