16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 12:33
Photo : Lodovicus Nym

Photo : Lodovicus Nym

Depuis mon activité de modèle, il ne se passe pas un jour sans qu'un photographe ou une modèle ne se plaigne d'avoir été censuré pour un téton qui dépasse (et encore) ou une image soit-disant trop évocatrice... Bizarrement le géant du réseau social possède un algorithme qui relève de l'éternel point d'interrogation, pour peu que l'on aie été signalé pour des raisons qui ne relèvent absolument pas de nudité (rivalités entre modèles ou entre photographes, jalousie, crêpages de chignon, lâché de greluches...).

Soit. On conteste puis on s'insurge, direction "Espace assistance". Parfois ça marche, souvent ça ne marche pas, là où il semble bien compliqué de gérer la vie entière exposée de tous les adeptes de Facebook, cependant :

 

Cachez-moi donc ce téton que je ne saurais voir ! 

On ne va pas revenir là-dessus ! Si si... Un téton masculin ne choque pas. Les messieurs ont le droit en toute impunité de poster des photos de leur torse nu et teats poilus sans avoir à craindre de jugement en cours de castration Facebook. Un sexisme volontaire qui nous renvoie à l'inégalité des sexes et à toute l'Histoire des femmes en général, qui doit encore faire grève à partir de 16h34 pour prétendre aux mêmes salaires que leur alter ego aux services trois pièces. Bien... soyons donc conciliant : si l'excroissance de chair dont nous disposons (bon... je n'ai pas une énorme excroissance c'est vrai), celle-là même qui vous nourrit petit et vous réjouit plus grand, perturbe votre équilibre psychologique, vous indigne et vous chatouille le prépuce au point qu'il faille les cacher, nous allons donc flouter les accusés. 

 

Sans vouloir plagier l'Origine du monde, le réseau social semble malgré tout passer complètement à côté de la notion d'Art. Petite recherche Wikipédia : "Le nu ne s'est constitué comme une catégorie de la critique d'art qu'au début du XXè siècle.  Auparavant, on parlait de « nudités » lorsque des corps apparaissaient sans vêtements dans une œuvre d'art. Pour L'Académie royale de peinture et de sculpture, dont les classements ont eu force de loi jusqu'à la Révolution française, les nudités n'étaient justifiées que dans la peinture religieuse ou de mythologie ou les allégories qui constituaient le domaine réservé de la peinture d'Histoire. Le XIXè siècle est une époque de remise en question de ces conventions." 

 

Conclusion, nos sociétés occidentales aujourd'hui laïques, se réservent le droit sous des supports supposés laisser libre court à l'expression, de juger que le téton féminin ne peut en aucun cas être représenté dans l'Art... En revanche à chaque drame, à chaque attentat, nous avons droit aux images les plus dégueulasses et les plus cruelles sur les réseaux sociaux, sans aucune décence, sans aucune censure, car oui, les familles des victimes aiment à voir remuer le couteau dans les plaies béantes...

 

 

Les stigmates d'une période pourtant révolue.

En réalité nous n'évoluons pas dans une société tout à fait laïque et encore moins en ce qui concerne l'égalité des sexes. Si l'Eglise s'était réservée le droit du nu dans le domaine de la peinture d'Histoire, il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui la Femme (oui Eve, la pétasse responsable de tous nos maux), constitue un élément de désir, de plaisir et donc de péché, ce qui a particulièrement le don d'énerver les puritains et conservateurs qui préfèrent croire que la femme enfante mais jouit en silence et surtout, ne procure aucun plaisir visuel sain parce que le sein d'une femme, ça chatouille bien trop le zizi pour être sain. D'ailleurs tout le monde le sait, la maman de Jésus était vierge et avant Eve, il n'y avait pas de chaos et encore moins d'Hommes préhistoriques qui copulaient partout comme de gros dégueulasses... 

 

Bebarock

Photo VLR Photographie.

 

 

Rétrogradons-donc dans le puritanisme, laissons aux élites le choix de ce qui est l'Art, fermons les yeux sur l'origine du monde et n'accordons surtout pas le droit à l'expression aux artistes d'aujourd'hui, comme ça nous pourrons poursuivre au nom de cette prétendue liberté hypocrite, parsemée de leçons de moral, quand nous tenons absolument à déshabiller certaines communautés et à rhabiller les tribus... Ah bah oui j'oubliais qu'ici, en guise d'exemple il fallait un juste milieu, autrement ça n'est pas légitime mais "normal" qu'une jeune femme en mini-jupe suscite des envies de viols.

 

 

Le corps.

La possibilité d'envisager le corps d'une femme autrement qu'un bout de viande n'est décidément pas ancrer dans les moeurs occidentales, quoi que nous nous vantions d'une quelconque évolution. La beauté de la femme au-delà des générations et des périodes, l'Histoire que l'humaine a à raconter au-delà du désir et quand bien même, est pourtant essentielle à l'équilibre social si nous ne voulons pas poursuivre dans les dictas imposés et si nous voulons laisser un héritage vrai et libre, qui saura conter l'Histoire. Pardonnez mon impudeur si je me trompe... 

 

Bebarock

 

 

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commentaires

Angeline 08/03/2017 22:07

très beau blog sur la mode, l'art. un plaisir de me promener ici.